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Palissade

Œuvre dans l'espace public, Bourges
1974-1975

Jacques Halbert entre à l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges en 1973, après avoir suivi une formation à l’École Brassart de Tours. Peignant déjà depuis plusieurs années, il a, avant même son entrée à l’école, présenté son travail dans différentes expositions à Paris, en Anjou et en Touraine, notamment à la galerie Jacques Davidson (gendre d'Alexander Calder). À cette période, sa pratique picturale est fortement marquée par l’influence de l’École de Paris et par des figures telles que Nicolas de Staël.

Son arrivée à Bourges constitue un moment de rupture. Confronté à une génération d’étudiants attentifs aux évolutions les plus récentes de la création contemporaine, Jacques Halbert prend conscience du décalage entre sa peinture abstraite et les nouvelles orientations artistiques de son époque. Cette remise en question entraîne une suspension presque totale de sa pratique picturale pendant plus d’un an. Durant cette période, il déplace son attention vers d’autres formes d’exploration visuelle et se consacre notamment à la constitution d’une collection d’images populaires. Ce travail, à la fois intuitif et analytique, marque un tournant décisif dans son parcours, ouvrant la voie à une redéfinition de ses préoccupations artistiques.

C’est à cette période qu’apparaît pour la première fois le motif de la cerise dans son œuvre. Les premières occurrences ne prennent pas place sur des supports traditionnels, mais surgissent dans l’espace public, peintes sur une palissade à Bourges. Ce geste marque une inflexion discrète mais décisive puisque les cerises migrent ensuite vers la toile. Ces premières cerises ne constituent toutefois pas, à ce moment-là, une décision consciente ou programmatique appelée à structurer l’ensemble de son œuvre future. Elles apparaissent plutôt comme le signe d’une recherche en cours, un motif d’exploration inattendu pour l’artiste lui-même. Par leur simplicité formelle, leur charge symbolique diffuse et leur potentiel de répétition, elles ouvrent un champ d’expérimentation qui ne cessera de se développer par la suite, sans que leur importance ne soit immédiatement perçue.

Carnet de recherches, 1974


En 1974, Jacques Halbert se voit confier la réalisation d’une palissade de plus de quarante mètres de long à Bourges. Dans un cahier de recherches préparatoire, plusieurs propositions sont esquissées en vue d'interventions sur des architectures hypothétiques.
C’est au sein de ces études que le motif de la cerise apparaît pour la première fois. Parmi les différentes pistes envisagées pour la palissade, c’est ce projet que l’artiste retient.

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© Adagp, Paris