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Né⋅e en 1955

Vit et travaille à Candes Saint-Martin

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Henri Bergson écrit à peu près : « cerise est le propre de l’homme ». Mais là, d’abord, on se souviendra de la pomme de Cézanne – verte, orange, rouge – image du temps qui passe, du devenir incertain. Dans la Genèse (« il faut bien que Genèse se passe »), IX, 22, la grappe du pays de Canaan nourrit à elle seule le pays tout entier : « le raisin du plus fort est toujours le meilleur ». Qui pourrait encore oublier « la totalité des citrons » : de l’écorce hollandaise d’un tableau de nature morte à celui de Manet, pas davantage citron que l’asperge. « Un soir, t’en souvient-il ? », il y a la pomme de Magritte, la poire de Louis-Philippe, les dattes des palmiers des fresques byzantines. Ici la cerise est emblématique, conquérante, obsessionnelle, joue au fruit défendu. Aux portes de la galerie, dans la galerie, aux portes des foires, dans les foires, elle se retrouve. Seule. Alors qu’à deux, comme dira la légende : « si ma tante en avait , elle serait mon oncle ». Elle joue au dripping, gicle d’éclaboussures. Elle joue au monochrome. « Cerise de me voir si belle ». Elle fabrique son histoire, est à elle-seule, son style tout entier.
Bernard Blistène

© Adagp, Paris