Skip to main content

The Art Café

Owner of the bar, restaurant, and gallery, 151 Second Avenue, New York City, USA
1984–1989

Banquet pour Jacques Halbert, avril 1987, New York
Alan Jones

… Or, chers amis, pour faire l’éloge de Jacques, j’aurai besoin de comparaison, et lui croira que je veux plaisanter, mais rien ne sera plus sérieux : je dirais que sa nonchalance frise le mépris hilare des méthodes de la Kultur juggernaut, ressemblant en tout aux propagandistes Dada exposés encore aujourd’hui dans des vitrines de musées ou décrits abondamment par ces chercheurs qui prétendent encore disséquer les causes de succès de révolutions gagnées depuis longtemps… L’œil cacodylade surveille la silhouette merzbau de Luna Park, fête foraine avec stands de tir et lutteurs, éléphant dans un magasin de porcelaine, et au loin le crépitement de la bombe mal allumée de la banale énigme de … l’art ? philosophie ? politique ? rien du tout ? Le combat contre la contructivite n’est jamais gagné : poignées de mains molles de la pseudo avant-garde !
Peintre du dimanche : Lun., Mar., Mer., Jeu., Ven., Sam. ; la nuit, la chapeau de paille devient abat-jour.

Halbert : peintre, performeur, propagandiste. New York connaît peu les extravagances des tartes aux cerises de Halbert, mais malheureusement nous avons entendu parler du pire. New York connaît Halbert, l’inventeur de la Patate à fumer, ou encore Halbert en costume de ville et chaussé de palmes, traversant une estrade devant un auditoire hurlant d’agités marginaux. Ce pouvoir est celui de la flûte du satyre qui menait autrefois la danse d’Alcibiade et autres Corybantes… Si le travail de Halbert peut être présenté sur scène, dans le cadre d’un événement fluxus, ou vu au coin d’une rue, il commence dans une solitude dérisoire, sous la verrière d’un atelier new yorkais.

Tristesse de la carotte : des légumes ont-ils jamais parus plus abandonnés, peints sur toile que ceux penchés sur un bord de mer de carte postale au soleil couchant, dans les derniers tableaux de Jacques Halbert ?

Gros titre : Madame Récamier est une grosse légume ! La famille bourgoise à la plage devient une corbeille de fruits. Les natures mortes de Halbert font sortir la claustrophobie au grand air.

Qui est donc Jacques Halbert ? Un chien de garde qui se moque de la vieille garde, un virtuose des cloches marines, un ancien rasta, admirateur de Puvis de Chavannes, nihilo-exubérant, assassin de Lout, anarchico-amateur et ennemi déclaré de l’auto-censure, galvaudeur de galimatias, thérapeute des couleurs, orphelin de la mère-l’Oie et voisin avunculaire, postmaster de Noho, Rastignac-Holderlin, star du muet cinéma muet, Ruchier, fleur de pisse-en-lit de Cattawi-Menasse, agent-double de l’industrie du Tourisme (aller-retour), activiste anti-Klee, conservateur du musée secret des bordels, anciens messmerite et aviateur, Crusoë-Barnum raté, architecte du Mur de Berlin portatif, fournsiseur psychololique d’encensoirs d’occasion d’une nostalgie cathartique, terroriste rangé de vitraux d’église, opérateur d’outre-mer, alias Monsieur Schmidt, fine-lame, créateur de la bicyclette en bois, des nouvelles supprimés, exécuteur testamentaire de Clovis Trouille, Ministre des Transports, tycoon de salons et de saloons, prépotentat, roi du porno, patron et peintre.

New York : Jacques Halbert et Mireille Brame offrent à leurs clients de l’Art Café, dans l’East Village, la promesse de l’inattendu et des conversations, parfois plus bruyantes que la musique, allant de Breton à Ben. Le décor est en constant flux, les affiches aux fenêtres, les pancartes – « If you eat please try a tartine » - les listes de vins sur toiles (peinture en soi), tout trahit le coup de main de Halbert, comme on l’a vu dans « Hommage à Picabia », le thème d’une des nombreuses expositions (dont la Revue Art Café a rendu compte) qui ont rassemblé des artistes allant de Colette à Xatrec. Du bistrot en bas, au studio deux étages plus haut, Halbert prépare son plan de destruction de la banlieusdarderie des néo-confirmités de toutes sortes ; ce faisant, il rejoint les rangs des ennemis du carrièrisme sur toile Man Ray et William Coply : souteneur de l’esprit indompté de l’amateur dangereux… « Caveat emptor ! » crie hors de lui le critique scandalisé. Après tout, comme le disait Picabia, il n’y a qu’une seule façon de se sauver : sacrifier sa réputation.

The Art Café
Bar, restaurant and gallery


Photograph by James Berry Studios, New York

Menu

Jacques Halbert

Ken Friedman

Jacques Halbert, Maya Kluver

Ken Friedman

Emily Harvey

Emily Harvey, Jean-Jacques Ferron, Christian Xatrec

Christian Xatrec, Jacques Halbert, Jean-Luc Poivret, Olivier Mosset

Exhibitions


During the entire period in which Jacques Halbert owned the Art Café, he organized numerous exhibitions and performances there. A magazine was published on the occasion of certain exhibitions.

Flyer du Art Café

Cover of Art Café Revue
Featuring the artist Anton Prinner on the cover
Photograph by Jacques Halbert, taken on the occasion of the exhibition Anton Prinner at Galerie Jean Larcade, 1977

Exhibition Eat Art
June 1985
With

Daniel Spoerri, Mettre le paquet
Raymond Hains, Les entremets de la palissade
François Morellet, Mords-les
Miralda/Selz, Les traiteurs coloristes
Claes Oldenburg, The Stove
Marcel Duchamp, Sculpture-morte
Olga Adorno, About 405 E 13th street
Antoni Miralda, Wheat & Steak
Dorothée Selz, Mimetism
Jacques Halbert, Pain peint
Jean Dupuy, I love bananas
Andy Warhol, Big Tom Campbell's Soup Can
Christian Xatrec, Fake readymade
Ken Friedman

Commissariat Jacques Halbert et Dorothée Selz


Selected exhibitions organized at the Art Café from 1985 to 1989


Selected event flyers for parties

Phoebe Legere is an American artist, singer, composer, and performer associated with the New York underground scene since the 1980s. A prominent figure of the East Village, she has developed a transdisciplinary body of work combining music, painting, film, poetry, and performance.

Classically trained from a very young age in piano and visual arts, she collaborated with the Wooster Group before being signed by Epic Records. Her universe, both experimental and theatrical, intersects New York avant-garde culture, punk cabaret, and rock opera.

Phoebe Legere also opened for David Bowie during his Sound+Vision tour in 1990, and continues today an engaged artistic practice spanning musical creation, films, and community-based projects in New York.

Jacques Halbert frequently invited Phoebe Legere to perform at the Art Café, and later at the Magnifik Gallery, which he directed from 1999 to 2002.

Party in honor of Herbie’s birthday, a waiter at the Art Café.

Party in honor of the artist Nicola L

© Adagp, Paris