Skip to main content

Cellar door

Film, 2020
/

Devenue architecture miniature, Cellar door transforme la sculpture en espace d’exploration ; « porte de cellier » menant dans l’obscurité, endroit de maturation souterrain. Je modèle à la manière de maquettes en céramique deux objets en creux – l’un en porcelaine émaillée, l’autre en grès blanc oxydé de fer noir. Les deux cavités d’une vingtaine de centimètres sont aménagées de petites fentes, interstices à travers lesquels entre la lumière.

Au fil du film, le faisceau d’une lampe torche nous dévoile les recoins d’un espace tel que celui d’une grotte, dans laquelle nous déambulerions. L’utilisation d’un téléscope réservé à l’observation du ciel pour réaliser les prises de vue à l’intérieur d’objets de quelques centimètres, engage une transformation d’échelle. Un espace immense s’ouvre au creux d’une fissure.

Cellar door est une expression citée en littérature anglaise comme étant phonétiquement la plus pure et la plus harmonieuse. Sorti de leur contexte sémantique, ces mots seront mentionnés par des écrivains tels que Poe et Tolkien, qui leur conférent une dimension mystique. On retrouvera cette phrase plus tard dans la culture populaire, comme par exemple dans le film fantastique Donnie Darko de Richard Kelly, où elle est entendue pour marquer une anomalie, une faille temporelle.

© Photographie Tours magazine

© Photographie Annexe – Centre d'Art des Rives

« Du monde incertain de la poussière, l’image se fait alors profonde et contrastée. Avec Cellar door, Mélissande Herdier nous ramène à une confrontation à l’objet, mais dans les matérialités médiées par nos pratiques de l’imagerie scientifique, médicale ou astronomique, se jouant des échelles du monde. Dans les nappes sonores, réalisées par Lucas Pradalier, l’oeil paraît toucher un matériau aussi séduisant que répulsif, parcourant un paysage dont les volumes sont tantôt des corps pleins, tantôt ouverts en une intériorité ambiguë, vaguement mançante, spectrale. Perdues flottantes devant des profondeurs sans lumière, les formes à la blancheur de lumière remettent à plus tard de révéler leur consistance, pour disparaître en nous laissant une étrange sensation aux os. Est-ce ainsi que nous sommes faits ? »

Loïc Volat, Video Art on Displey, Huit pièces pour ouvrir les murs, Revue Laura #32

Cellar door, 2020. Film, 7'17 min.
Arragement sonore de Lucas Pradalier

© Adagp, Paris