Whirlwindsong
« Whirlwindsong » - Toile flottante, 2015
Peinture à l'encre suminagashi (encre flottante) sur toile de parachute, câble tendu, 3 panneaux de toile, ventillateur, 360 x 250 cm.
« Whirlwindsong » - Groundsong, 2015
Installation sonore interactive, plancher sonore gravé, capteurs de pression, dispositif sonore et numérique 4 haut-parleurs et ampli et toile selon la technique de Suminagashi.
La toile a été réalisée selon la technique japonaise ancestrale du suminagashi, qui consiste à souffler sur l'encre flottante à la surface d'un liquide créant ainsi la forme du dessin. le souffle, générateur de la voix – comme est générateur de son le souffle des turbulences – produit par cette technique l'image d'un paysage générique en noir et blanc.
Groundsong, la sculpture instrument se présente sous la forme d’un plancher-clavier sur lequel les visiteurs sont invités à circuler. Leurs pas déclenchent des sons de voix chantées sifflées ainsi que des fréquences sourdes de vibrations, amplifiés en temps réel. Une composition sonore est ainsi produite de façon aléatoire et accompagne le visiteur. L’œuvre est complétée par une toile suspendue animée par le souffle d’un ventilateur. Le plancher chantant s’inspire du « parquet rossignol » qui couvre le sol du palais de Nijo, à Kyoto. Ce plancher, construit au XVIIᵉ siècle permettait de contrôler le passage d’éventuels intrus par les crissements émis par les pas des visiteurs. Semblables au chant des rossignols, ces sons résonnaient alors la nuit dans le palais.
Groundsong, 2015 et Whirlwindsong, 2015
Film vidéo couleur sonore, 30'.
Toile flottante, 2015 et Groundsong, 2015
Whirlwindsong, 2015
Whirlwindsong est un film de trente minutes enregistré et réalisé au Japon durant l’été 2015. Il prend la forme d’une vidéo/partition. Les séquences du film ont été enregistrées en mer autour du tourbillon de Naruto.
Storm, 2012
Film sonore, noir et blanc, 7' en boucle, projection sur mur noir.
Plastersong, 2015
Film vidéo sonore, noir et blanc, 7' en boucle.
Plastersong, 2015
Sérinettes, 2015
Ensemble de 4 sculptures, troncs de pin, componium, ruban perforé, 250 cm et diamètre 30 cm.
Cet ensemble de sculptures posées contre le mur se présente comme des rouleaux de serinettes (instrument de musique utilisé au xvıııᵉ siècle pour l’apprentissage de mélodies courtes aux oiseaux chanteurs). Ces troncs de pin noircis à l’encre laissent apparaître les anneaux de croissance de l’arbre, à l’image des ondes sonores. Chaque trace de naissance de branche a été perforée à l’endroit de l’ondulation afin d’être imprimée et retranscrite sous la forme d’une partition. Ce relevé par transfert a permis la traduction de ces poinçons et le report sur un carton perforé lisible par le componium diatonique. La musique des arbres est audible par le jeu mécanique de l’instrument.
Détail de Sérinettes, 2015
Sérinettes, 2015
Détail de Sérinettes, 2015
Prosodie, 2012
Texte-partition, impression sur bâche blanche, 250 x 200 cm.
© Collection Frac Île-de-France
Ce texte partition offre au lecteur une double lecture silencieuse. Ce texte a été écrit en s'inspirant de la forme musicale de la fugue, continue et sans ponctuation. L'écoute des paroles des oiseaux est rendue audible par l'utilisation de phrases phonétiques (onomatopées) dont le vocabulaire a été défini par les ornithologues. Ces phrases mélodiques rythment la lecture et constituent un environnement sonore. Cette « strophe » est un refrain sans fin, dans lequel le lecteur se laisse porter par le bruissement de la langue.
La seconde lecture « musicale » est offerte par les lignes de portées qui rayent et oblitèrent le texte. Les phonèmes, qui correspondent aux notes de musique ont été extraits du texte afin de transformer les phrases en support d'écriture musicale. Les notes apparaissent aléatoirement dans le corps des mots. Leur déchiffrement permet, lorsque le sens se dérobe, une interprétation musicale. Le déchiffrage de ce texte s'opère en deux temps (mélodie de la langue/mélodie des notes musicales). La partition a aussi été écrite pour être interprétée par deux voix simultanément : une lectrice et une mezzo-soprano. La lectrice lit le texte avec un débit très rapide, reprend son souffle dans les interludes des onomatopées, tandis que la chanteuse chante la partition mélodique.
Whirlwindsong
Exposition personnelle
Du 17 octobre 2015 au 28 février 2016
Château des Adhémar, Montélimar
En partenariat avec Moly-Sabata résidence d'artistes / Fondation Albert Gleizes
Cette automne, le château des Adhémar accueille une exposition de l’artiste Cécile Le Talec intitulée Whirlwindsong. Elle sʼinscrit directement à la suite de ses précédentes explorations linguistiques et sonores qui privilégient une approche musicale du territoire avec des œuvres récentes, telle Panoramique polyphonique primée à Aubusson, et d’autres plus inédites.
Pour cette exposition Cécile le Talec développe trois nouveaux projets réalisés au Japon et en France : un film, une installation sonore et enfin une œuvre musicale électro-acoustique créée en collaboration avec le compositeur Haruyuki Suzuki. Ces projets, complémentaires, sʼarticulent autour de questions liées à la forme des territoires générés par les langues, les géographies et la musique.
Whirlwindsong est un film de trente minutes enregistré et réalisé au Japon durant l’été 2015. Il prend la forme d’une vidéo/partition. Les séquences du film ont été enregistrées en mer autour du tourbillon de Naruto.
Groundsong est une installation sonore réalisée en France dans le cadre de la résidence de l’artiste à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes à Sablons en Isère en août 2015. Cette œuvre est constituée d’un plancher « chantant » inspiré du « parquet rossignol » du Palais de Nijo de Kyoto adjoint d’une toile suspendue en mouvement réalisée selon la technique du Suminagashi (encre qui flotte sur l’eau). Ce dispositif sonore et numérique est déclenché par les pas des visiteurs.
Enfin, le compositeur Haruyuki Suzuki est invité à concevoir une œuvre musicale pour voix, flûtes, percussions et bande électro-acoustique à partir des enregistrements sonores réalisés dans le tourbillon de Naruto. Le film Whirlwindsong constitue sa partition et elle pourra être interprétée par le plancher « chantant » de Groundsong.
Dans l’ensemble de son travail, Cécile le Talec explore des espaces intermédiaires, le visible et l’invisible, le sonore et son silence, le mouvement et la disparition du geste et développe une démarche qui questionne la perception de l’espace dans sa dimension sonore et musicale. Depuis 2001, elle mène une recherche sur les langues sifflées, langues miroirs, utilisées par quelques communautés dans le monde. Ses explorations l’ont conduite en Espagne (Iles Canaries/La Goméra), au Mexique (État de Oaxaca) et en Chine (Province de Guizhou).
Un riche événementiel viendra ponctué l’exposition Whirlwindsong : un concert/performance mais également Détours, un parcours organisés par divers lieux d’art contemporain singuliers de la Drôme qui permettront la découverte d’oeuvres et de performances sonores. De plus, la 1re Biennale art nOmad, une biennale en camion reliant Arnac-la-Poste et Venise commissariée par Paul Ardenne, fera une halte à Montélimar ; un moment à part avec une visite de l’exposition Groundsong par Cécile le Talec, la découverte de l’exposition art nomad dans le véhicule, une rencontre exceptionnelle avec les Siffleurs de la Somme.
Texte issu du dossier presse du Château des Adhémar